"Les économies vont durement nous tomber dessus", peste la directrice d'une institution située dans le Hainaut. "Et il n'y a pas trente-six solutions, résume-t-elle.

Ou on fait encore plus avec encore moins de personnel et ce seront les résidents et les soignants qui écoperont : plus de pression, moins de temps, diminution des activités… Ou on augmente le prix de journée et ce seront les résidents et leurs familles qui trinqueront." Les trois fédérations de maisons de repos (MR) et de soins (MRS) wallonnes – Unessa, Santhea et Femarbel – alertaient mardi sur l'impact des décisions du gouvernement wallon sur le secteur, déjà fragilisé par la hausse des coûts (salaires, énergie…) et les pénuries de personnel (surtout infirmier).

Sous couvert de mesures "maîtrisées et temporaires", la majorité MR-Les Engagés impose un nouvel effort financier important aux MR et MRS, avec des répercussions durables qui vont "considérablement aggraver la pression financière sur les établissements", dénoncent-elles.

La décision présentée lundi par le gouvernement wallon – "sans aucune concertation avec le secteur" – prévoit trois sauts d'index de 2 % (en 2027, 2028 et 2029) du financement public des maisons de repos.

L'indexation attendue en novembre 2026 est, elle, maintenue. Cela signifie que le salaire des membres du personnel continuera à être indexé (conformément aux conventions collectives de travail) alors que le financement public qui contribue, de manière importante, à payer ces salaires ne suivra pas le mouvement.